Depuis plusieurs années, plusieurs mois, plusieurs jours, dans des maisons ou dans des caves,
mes tapisseries sont restées enveloppées, roulées dans leurs draps que je défais aujourd'hui pour les sortir de l'ombre et les exposer à l'air libre
sur les murs, sur la toile, à l'air du net,
pour tisser d'autres liens, d'autres histoires.
Ces tapisseries ont des noms : « Des Gens », des « Sommeils » et d'autres noms encore. Sur certaines il y a des « Gens » qui n'ont pas de tête.
Je ne tisserai plus de gens sans tête.
La réalité prend un malin plaisir à dépasser la fiction.
Des hommes coupent la tête à d’autres hommes sans que pour cela la terre s'arrête de tourner.
Sur d'autres tapisseries, il y a des « Sommeils », je m'endormirai encore dans d'autres sommeils profonds - temps d'absence salutaire pour reprendre un fil oublié - le tendre - en faire une chaîne, une trame sur le métier

A Paris, le 15 février 2007 Claire Rado